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    Lettre ouverte (bis) à Fabrice Mauro, président de Sian d’Aqui

    Bonjour Fabrice,

    Lors de notre toute première rencontre, sur le stand de ton association au Palais des Expositions, tu m’avais dit qu’entre Niçois le tutoiement était de rigueur. Tu ne me tiendras donc pas rigueur d’en faire usage, même à l’écrit.

    Comme le « bis » de ce titre fort peu original l’indique, me voici donc malheureusement obligé de t’adresser pour la seconde fois une lettre ouverte.

    La première je te l’avais écrite alors que l’association culturelle que tu présides, Sian d’Aqui, avait mené une opération conjointe avec SOS Racisme au stade du Ray lors d’un match du Gym. Je te reprochais alors très clairement de te faire le complice de la stigmatisation des supporters niçois et de te livrer à une surenchère antiraciste aux relents jacobins (la bienpensance parisienne venant expliquer, à travers cette association, aux ploucs niçois qu’ils étaient vilains).
    Suite à mon texte, tu avais souhaité me rencontrer pour « dissiper les malentendus ». J’avais trouvé la démarche louable et ne refusant jamais la discussion ou le débat j’avais accepté. Nous nous étions retrouvés dans une ambiance tout à fait décontractée pour un verre sur la Place du Palais. Et tu t’étais alors expliqué… Me déclarant à la fois ton aversion pour SOS Racisme et ton hostilité à l’immigration massive, tu m’avais alors dit que sans la participation de Sian d’Aqui à cette opération les choses auraient certainement encore été pires, et que toutes les attaques auraient été dirigées contre les Identitaires (SOS Racisme justifiant tout de même le choix d’un slogan en nissart par sa volonté de ne pas nous abandonner la lenga nouostra !). Au cours de la conversation, tu me disais aussi vouloir te tenir éloigner de toute étiquette politique, me parlant de ton amitié avec le socialiste Concas, saluant la politique culturelle niçoise mise en place par Peyrat et évoquant la candidature probable d’Estrosi (c’était en mai 2007) comme celle d’un type se foutant de Nice et des Niçois. Je ne pouvais qu’acquiescer. Nous nous quittions en décidant de garder le contact, et cela notamment grâce aux adhérents que Sian d’Aqui avaient en commun (l’un d’eux était d’ailleurs présent lors de cette rencontre).

    _

    Quelques mois plus tard, je découvrais avec tristesse et incompréhension un entretien dans Nice Matin ou, tout en te disant identitaire, tu déclarais « Je n’aimerais pas être un électeur qui veut voter niçois », prêtant à Nissa Rebela « des valeurs d’exclusion en parfaite contradiction avec nos racines ». Phrases creuses, politiquement correct parisianiste de bas étage… Je fis alors publié un droit de réponse dans le même journal, demandant notamment si – puisque tu ne voulais pas voter niçois – tu comptais donc voter parisien ?
    Là encore, tu prenais contact pour m’assurer que tes propos avaient été déformés… Dix jours plus tard je te rencontrais dans nos locaux pour répondre au questionnaire que Sian d’Aqui (en association avec Nissart Per Tougiou) avait adressé à tous les candidats aux élections municipales. Discussion cordiale encore, confirmant nos vues communes sur bien des sujets. Nos réponses furent d’ailleurs intégralement publiées, et je sais qu’elles ont été appréciées par vos soci.

    Depuis, j’ai suivi (recevant votre feuille d’informations) et parfois soutenu ou appelé à soutenir certaines de vos activités, me satisfaisant toujours de voir d’autres que nous lutter pour la mémoire et les racines. Car, vois-tu, je n’ai pas l’esprit partisan, et suis certainement bien plus ouvert que la plupart des bonnes consciences qui semblent avoir une certaine influence sur toi. Quand, par exemple, une compilation musicale en nissart fait la part belle à des groupes d’extrême-gauche, je me dis en tout premier lieu qu’il s’agit d’une œuvre en lenga nouostra et que cela va quand même dans le bon sens, je ne dénonce pas une ignoble récupération communiste…

    Il y a deux semaines encore, l’hebdomadaire Le Point publiait un supplément local sur « Nice et ses réseaux ». Dans ce dossier, un article était consacré à Nissa Rebela et un autre concernait les associations culturelles impliquées dans le renouveau niçois. Si j’étais très content de découvrir – en plus de celle nous étant directement dédiée – deux autres pages évoquant notre identité, je l’étais évidemment beaucoup moins de nous y voir traités de « nazillons populistes démagos ». Le propos n’était pas attribué directement à qui que ce soit, et très franchement il me semblait tellement outrancier que je m’imaginais volontiers un journaliste mal attentionné à notre encontre (si, si, il y en a quelques uns…) l’ayant glissé dans l’article, dans l’unique but de nous discréditer et nous présenter comme isolés au sein du mouvement niçois. J’ai préféré m’en tenir à cette idée, y compris même quand ce sont des membres de ton association qui m’ont dit que tu pourrais avoir fait ces déclarations…

    Recevant la lettre internet de Ben Vautier le 19 juin, je découvrais que des tensions existaient autour de l’organisation du Festin d’Aqui de Levens, certains reprochant apparemment à d’autres d’être « identitaristes ». J’imaginais bien un Louis Pastorelli, chanteur de Nux Vomica et apolitique socialiste, faire ce type de reproches. Peut-être était-ce finalement de toi qu’il s agissait ?
    Il n’en reste pas moins que de nombreux militants, sympathisants et certainement des centaines d’électeurs de Nissa Rebela ont participé à la fête de Levens (mais tu le sais bien, puisque tu as discuté sur place avec plusieurs d’entre eux). Une fête qui a été un vrai succès, et je ne peux qu’en féliciter les organisateurs (c’est-à-dire toi mais aussi tous ceux qui ont tendance à évoluer dans l’ombre de ta personnalité désormais médiatique).

    Et voici que, finalement, tu t es senti obligé ( ?) de te livrer à nouveau à une attaque contre les Identitaires dans ton entretien à Nice Matin, le 24 juin. Alors que le journaliste évoque ton attachement aux traditions, tu lui réponds : « Les traditions, mais au sens noble du terme. Rien à voir avec les Identitaires. Carrément l’inverse! »
    Des propos stupides (je serais curieux de savoir ce qui différencie tes traditions des miennes, et encore davantage ce que veut dire ce « Carrément l’inverse ! ») et gratuits (le journaliste n’avait même pas parlé de nous).

    Je finis par avoir l’impression qu’à chaque fois qu’on te tend un micro ou qu’on t’ouvre une tribune tu t’empresses de parler (en mal) de nous. Les Identitaires empêcheraient-ils Fabrice Mauro de dormir ? Notre existence ferait-elle reposer sur toi une culpabilité dont tu devrais te débarrasser à chaque sortie médiatique ? Pourquoi donc ne pas respecter cette « neutralité politique » dont tu m’avais parlé lors de notre première entrevue ? Et si tu as de réels reproches à formuler à notre encontre, pourquoi ne pas les exposer clairement au lieu de te livrer à ces petites attaques qui ne t’honorent vraiment pas ?

    Agis-tu ainsi par simple esprit de soumission ou en service commandé ? Une telle constance m’autorise désormais à me poser la question. Est-ce qu’à travers tes propos certains chercheraient à nous isoler alors que de plus en plus de jeunes (notamment) viennent à la conscience de leurs racines par notre biais ? Au fond, j’ai simplement envie de te demander : pourquoi ?

    Quand tu dis que tes traditions n’ont rien à voir avec les nôtres, peut-être es-tu dans le vrai finalement. Moi, j’aime à honorer des traditions de franchise et de courage (traditions niçoises et familiales). Les rapports que j’ai pu avoir avec toi depuis deux ans tendent en effet à prouver que tu te situes à l’inverse – comme tu le dis si bien – de tout cela.
    Tu n’as pas la franchise de dire ce que tu penses réellement, tu n’as pas le courage de tenir les mêmes propos avec moi – attablés sur la Place du Palais ou à la Maioun – et avec un journaliste.

    C’est triste pour toi, cela doit être dur de se confronter chaque jour à ses contradictions. Les militants de Nissa Rebela ont fait d’autres choix, le principal étant certainement de « vivre comme ils pensent » y compris quand cela doit entraîner des insultes ou attaques de ceux dont on ne les attendrait pas forcément.

    Ceci étant, je souhaite le meilleur pour les activités de ton association et salue ses adhérents sincères et plus largement tous ceux qui luttent sur le terrain culturel pour l’identité du Pays Niçois, comme nous le faisons de notre côté sur le terrain politique. Dans quelques mois Christian Estrosi (celui que tu insultais naguère et voudrais séduire aujourd’hui ?) entend fêter les 150 ans du « rattachement » à la France, il sera alors toujours temps de voir qui sera présent pour dénoncer cette escroquerie historique et rappeler ce que furent les événements de 1860.

    Philippe Vardon
    Porte-parole de Nissa Rebela

    4 réponses à “Lettre ouverte (bis) à Fabrice Mauro, président de Sian d’Aqui”

    1. Lou Barbet dit :

      Très bien, cette lettre, on dira plus que les Identitaires (les vrais) sont « une petite association de jeunes » (sous-entendus à moitié analphabètes).

      Il est peut-être pas si mauvais que ça, ce Fabrice MAURO; qui sait, d’ailleurs, si dans le secret de l’isoloir, il ne glisserait pas volontiers un bulletin Nissa Rebela?

      Mais bon, quand on est financé par la municipalité de M. ESTROSI à hauteur de 3000€ par an, comme c’est le cas de ‘Sian d’Aqui’, il y a des choses qu’on ne doit pas faire; par exemple, dire du bien des Identitaires (les vrais).

      A propos, Fabrice, je sais pas vraiment si tu habites Nice, mais as-tu pensé aux modestes retraités à qui M. ESTROSI va demander 15% d’impôt supplémentaire pour payer -entre autres choses- ta subvention? J’en connais des vieilles mémés niçoises qui pourraient nettement améliorer leur ordinaire avec une telle somme!

      Bon vent, Fabrice, mais l’esprit ‘Segurana’, il est plutôt chez Philippe que chez toi…

    2. Lou chapacan dit :

      entièrement d’accord avec Lou Barbet : je sais bien qu’ une asso ne peut réellemen fnctionner qu’a

    3. Lou chapacan dit :

      Entièrement d’accord avec Lou Barbet : je sais bien qu’ une asso ne peut réellement fonctionner qu’au
      moyen de subventions publiques, mais cette façon d’aller à la gamelle municipale , si elle est politiquement correcte, n’incite pas à faire partie de « Sian d’aqui ». De plus , à voir l’affiche du festin de Levens, avec le marxiste Pastorelli, plus la signature du Ben, vieux gribouilleur sur le retour , ancien kiosquier de quartier venu d’on ne sait où, au début des années 50, et qui veut s’imposer comme la conscience et la référence morale des Niçois… et le Pers, niçois de raccroc , zn prime ! Il ne manque plus que Corrou de Berra, pour être tout à fait dans le ton. Tout cela est à mourir de rire.
      En tous cas, nos « belles consciences  » ont fait une fructueuse opération en noyautant une asso vouée à la transmission de nos valeurs et de nos traditions.

    4. Aigla de Nissa dit :

      Selon Fabrice MAURO, « Est niçois qui aime Nice. Que l’on soit là depuis trois mois ou cinq générations. » [nice-matin 24/6/2009 Page 15].
      Si on comprend bien F. MAURO, les quelques centaines de clandestins, les réseaux de malfaiteurs étrangers, tout ce petit monde interlope devient « niçois » au bout de trois mois de résidence.

      La population niçoise serait ainsi composée de toutes les personnes qui, pour une raison ou une autre, viendrait à passer trois mois consécutifs sur notre sol.

      Trois mois, Fabrice ! Trois mois.. c’est la durée du siège de Nice par les Turco-Français en 1543 ! Ignore-tu ta propre histoire ? Les assiégeants de Nice étaient donc devenus niçois ?.. Foutaise !

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