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    Puisqu’ils vous disent que l’insécurité recule…

    Un bijoutier braqué et blessé en plein centre de Nice

    Sur le trottoir, il y a des débris de miroir et quelques gouttes de sang. Le petit-fils de Marc Ecauvre, le bijoutier de 77 ans, vient de tenter d’attraper les agresseurs qui s’enfuient à scooter en lançant un miroir dans leur direction. Peine perdue. Tout est allé trop vite. À l’intérieur, le bijoutier a la tempe en sang. Il a pris « un coup de crosse ». Sa fille Joëlle est très calme mais commence à se rendre compte qu’il « aurait pu y avoir un carnage ».

    Cinq personnes dans la boutique

    Il est environ 11 heures, rue Gioffredo, en plein centre de Nice, à deux pas du lycée Masséna. En ce samedi matin c’est très calme. Le bar-tabac voisin Le Marigny, qui grouille de monde habituellement, est fermé. De l’autre côté, il y a un autre café mais les clients sont à l’intérieur car il fait froid.

    Le choix du samedi matin n’est certainement pas dû au hasard. La bijouterie joaillerie « Joëlle et Marc Ecauvre » est une enseigne réputée et ancienne. Cette famille de fabricants et créateurs y est installée depuis 60 ans et n’avait jamais connu de braquage.

    « Une femme a sonné à la porte. Brune, une trentaine d’années. J’ai ouvert… », raconte Joëlle Ecauvre en regrettant son geste.

    « Tout de suite derrière elle, deux hommes armés, casqués et gantés se sont engouffrés. »

    La commerçante est convaincue que cette cliente était une complice mais les enquêteurs ne l’ont pas confirmé pour le moment.

    À l’intérieur de la bijouterie, il y a du monde. Marc Ecauvre, un tonique septuagénaire qui ne fait pas du tout son âge, sa fille Joëlle, son petit-fils, un jeune homme d’environ vingt-cinq ans, mais aussi deux clientes. Soit huit personnes au total dans un endroit relativement petit.

    « Ils avaient un marteau à la main et une arme chacun. Ils m’ont braquée, explique Joëlle, m’ont dit de me coucher, mais je ne me suis pas couchée. » Joëlle Ecauvre a tenté de faire régner le calme car elle sentait que son père bouillonnait et que son fils était lui aussi prêt à bondir. Elle se disait que dans ce cas-là, on risquait d’aller à la catastrophe.

    Les deux vitrines ont été entièrement vidées et le butin enfourné dans un sac à dos. Que des pièces haut de gamme, des fabrications maison. Mais le bijoutier refuse de se laisser faire ainsi et tente de s’interposer. Il reçoit alors un rude coup sur la tempe. Les malfaiteurs s’enfuient à scooter en emportant dans la foulée le sac à main d’une des clientes. Quant à la femme qui est entrée en premier, personne ne se souvient de quelle façon elle a disparu.

    La bijouterie n’était pas équipée d’un signal d’alarme connecté aux services de police ni d’une caméra permettant d’avoir une vue sur les personnes qui entrent. Les joailliers n’étaient pas armés. « Avec une arme, je me serai défendue. J’aurais tiré », affirme Joëlle Ecauvre.

    Dans les minutes qui ont suivi, des proches sont venus réconforter la famille de bijoutiers tandis que la police procédait aux premières constatations. Les quelques commerçants présents hier matin dans le quartier ont également apporté leur soutien. Il y avait de la colère, de l’émotion, sur fond de débat improvisé sur l’insécurité, la répression ou le temps d’intervention de la police. Car tout le monde réalisait a posteriori à quel point la prise de risques a été grande lors de cette agression.

    Recherches sur les caméras de la ville

    Sur le moment les joailliers étaient incapables de chiffrer la valeur du butin : « Je ne me rends pas compte. On a tout perdu, c’est énorme », se contentait de dire Mme Ecauvre. Ces artisans font surtout de la réparation, transformation et création ce qui rend l’évaluation beaucoup plus difficile.

    La police judiciaire a été chargée de l’enquête. Elle disposait hier de peu d’éléments. En effet, il n’y a pas de caméra de la ville positionnée à cet endroit-là. Cela étant, les enquêteurs ont orienté leurs recherches à toutes les caméras qui auraient pu avoir une trace des agresseurs dans le périmètre et à l’heure du braquage.

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