(Après lecture du poème par une jeune Niçoise)
Ce magnifique poème a été écrit par Agathe-Sophie Sasserno. L’œuvre entière de la poétesse niçoise a été consacrée à l’amour de sa terre natale, et à sa dévotion envers la Vierge Marie. Cette même Vierge qui le 15 août 1543 permit à Catarina Segurana d’accomplir son acte héroïque, en recouvrant notre cité de son manteau céleste pour empêcher les boulets de canon de l’atteindre.
Catherine Ségurane, en version française, cette modeste femme qui se dressa ici, sur ce mur fortifié, pour redonner ardeur aux chevaliers nissarts bataillant contre l’envahisseur turc, est le symbole de l’âme niçoise.
Elle est rébellion, insoumission, mais aussi simplicité et humilité.
Elle est femme du peuple se dressant pour le peuple. Et ils sont nombreux les exemples où ce sont les petits, les sans-grades qui ont su reprendre le drapeau là où les « grands » l’avait laissé tombé. Jaurès lui-même le disait : « à ceux qui n’ont plus rien, la patrie est le seul bien ! »
Ségurane, en se saisissant du drapeau turc, assommant le porte-étendard d’un franc et fort coup de battoir, a redonné courage et vivacité aux défenseurs de notre ville. Son geste, cette femme montrant la voie du combat aux hommes, nous rappelle de nombreux exemples de femmes s’illustrant ainsi à travers la grande et magnifique histoire de notre civilisation européenne. Ce n’est pas le cas dans toutes les contrées, et nous le savons aussi désormais dans nos rues, croisant parfois des fantômes recouverts de noir, symbole d’une tradition qui n’est pas notre, d’une religion qui n’est pas notre.
Car c’est aussi ça le message de Ségurane : le refus de toute domination étrangère sur notre sol !
Que l’on parle de la tutelle étouffante de Marseille, Paris ou Bruxelles…ou bien – pire encore, car je crois qu’il faut savoir hiérarchiser les combats, et celui de l’identité m’apparaitra toujours plus fondamental que celui de la souveraineté, même si j’ai à cœur de défendre nos libertés locales vous le savez – ceux qui veulent aujourd’hui faire de notre ville une terre d’islam et n’hésitent pas à prier dans nos rues, les bloquer, les occuper !
Notre mémoire, et Ségurane, nous relient à notre présent, à notre actualité. La situation du quartier Notre-Dame, zone communautaire, « quartier halal » comme l’a décrit l’Agence France Presse ! Les débarquements de milliers de clandestins sur la petite île italienne de Lampedusa. Vous le savez, ces clandestins nous les retrouvons déjà dans nos rues. Et dans nos tribunaux !
Aujourd’hui de Ségurane, il ne reste que le souvenir… mais il reste encore des SEGURANS et nous sommes là pour lutter !
En cette année du 440ème anniversaire de la bataille de Lépante, qui vit les Chrétiens coalisés défaire la flotte turque, et lors de laquelle les bateaux de la Maison de Savoie étaient commandés par le Nissart Provana de Leyni, nous ne devons pas fléchir, pas faiblir.
Nous aurons l’occasion de reparler de cet anniversaire, mais il était dur de ne pas l’évoquer : quelques années seulement séparant le siège de Nice de 1543 et la Bataille de Lépante en 1571.
Rue Ségurane, rue Lépante, rue Provana de Leyni… les rues de notre cité portent mémoire et témoignage. Le témoignage de Nice la Rebelle et de ses héros : Ségurane, Provana de Leyni, mais aussi les Barbets, Garibaldi et pourquoi pas Spaggiari et Médecin !
Nous sommes un peuple d’insoumis – soyons en fiers et dignes.
Le message que Ségurane nous envoie, dressée sur ce rempart, est simple : retourner au combat, recommencer à croire… Car aujourd’hui il est grand temps : nous ne reculerons plus !
