Segurana 2012 – intervention de Philippe Vardon

Catherine, regarde tes filles et tes fils rassemblés à tes pieds pour t’honorer.
Ils ont bravé le mauvais temps, les médisances, les mensonges et les calomnies, et surtout l’amnésie généralisée. Ils sont ici les vrais enfants de Nice la belle, de Nice la rebelle, ils sont là pour saluer leur héroïne.
Nous avons marché jusqu’à toi, nous avons traversé les rues de notre ville. Une ville – et je le dis sans exagérer ma pensée – une ville martyrisée, défigurée. Une ville et son peuple endormi, à laquelle nos flambeaux, nos visages, nos cœurs sont venus rappeler que nous avons une histoire, une mémoire, une identité, et donc une fierté.
Mais quelle est donc notre histoire, ou en tout cas celle à laquelle nous nous référons ce soir, quelle est donc TON histoire Catherine. On ne nous l’a pas racontée dans les écoles de la République, mais plus grave encore, on ne nous l’a pas non plus racontée dans nos écoles maternelles et primaires, pourtant administrées par la ville de Nice…
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En 1536, le Roi de France, François 1er, envahit la Savoie, puis le Piémont jusqu’à Turin. Avec sa femme, son fils, son trésor et le Saint-Suaire du Christ, Charles III, Duc de Savoie, se réfugie dans sa dernière forteresse : Nice ! Nice, dont la devise dit alors – elle a été amputée depuis – « Nice, la ville la plus fidèle ». Le Duc de Savoie sait qu’il peut venir y trouver refuge.
Le Roi de France, pour mieux combattre ses adversaires, s’est allié aux Turcs, haïs et craints de toute l’Europe chrétienne.
Au printemps 1543, leur flotte vient rejoindre celle formée par le Duc d’Enghien à Marseille.
A la fin juin ce sont à 20 000 hommes et 120 galères que les 3 000 défenseurs de Nice doivent faire face.
Le premier assaut général est donné le 2 août 1543, il est repoussé alors que la ville croule sous les bombardements.
Le second assaut est donné le 15 août, et alors que les soldats et chevaliers fidèles aux Savoie plient sous le nombre des assaillants, une femme du peuple, Catherine Ségurane, simple lavandière, monte sur la muraille et assène un coup fatal au porte-étendard turc du revers de son battoir à linge. Le drapeau frappé du croissant se retrouve alors aux mains des défenseurs de la cité. Retrouvant ardeur et foi en la victoire, ceux-ci font fuir Français et Turcs.
Lors de cet assaut du 15 août, on dit aussi que la Vierge Marie elle-même est venue recouvrir Nice de son manteau pour empêcher les boulets des Ottomans de l’atteindre.
La ville basse n’est prise que plus tard, le 22 août, mais le château résiste jusqu’au départ des assaillants le 8 septembre (c’est pourquoi Ségurane est traditionnellement fêtée le premier dimanche de septembre chaque année).
Ainsi Nice est la première à résister aux terribles turcs qui depuis 70 ans font trembler l’Europe !
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Catherine Ségurane est un évident symbole de courage, mais aussi de simplicité et d’humilité, elle s’en retourna à son lavoir aussitôt son acte héroïque accompli. Elle est peuple se battant pour le peuple. Courage et héroïsme mis au service de l’identité et de la liberté de notre Comté face aux puissances étrangères.
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Depuis 1860, Nice suit de plein fouet le centralisme et l’égalitarisme forcené de la République française. Au début du 20ème siècle, ses enfants recevaient des coups de bâton lorsqu’ils parlaient nissart dans les cours d’école, ses fils ont payé plus que de raison le prix du sang sous le drapeau français et se sont pourtant vus refuser le droit élémentaire de vivre et travailler au païs, voyant des fonctionnaires parisiens occuper les postes qui auraient du leur revenir de droit.
C’est aussi au nom de l’égalitarisme forcené que Nice a vu ses rues livrées aux quatre vents de l’immigration. Et on a vu les mêmes, qui nous expliquaient que nous étions des Français « comme les autres » – c’est-à-dire sans mémoire, sans attaches, sans passé… – venir nous expliquer que Rachid et Mamadou étaient eux aussi des Français comme nous, des Niçois comme nous même ! Et parfois, certains – poussant le vice encore plus loin – nous ont même expliqué qu’ils étaient PLUS Français que nous. Allant nous chercher l’histoire d’un tirailleur ou je ne sais quoi, et insultant au passage nos ancêtres, MES ancêtres, tombés eux aussi et dans des proportions bien supérieures, dans les tranchées des grandes guerres.
On nous avait dit qu’il y avait un citoyen français unique, indifférencié, sans attaches et sans racines. On est ensuite venu nous dire que désormais il n’y avait plus qu’un citoyen du monde. Et donc plus de mémoire, plus de frontières, plus d’identité. Ce qui signifie pour nous : plus d’avenir.
Je n’évoque pas tout cela de gaieté de cœur, ou simplement pour faire de jolis effets dans ce discours. Mais parce qu’aujourd’hui, après la blessure de l’acculturation jacobine, c’est bien à la question de la disparition de notre peuple – blessure mortelle cette fois-ci, de celles dont on ne se remet pas, dont on ne revient plus – à laquelle nous sommes confrontés.
Je parlais tout à l’heure de ville martyrisée, de ville défigurée. Dois-je vous parler du quartier de la rue de Suisse ? Des Moulins ? De la situation à l’Ariane où la racaille accroche son drapeau algérien sur le toit d’une église ? Ca ne vous rappelle rien ce drapeau étranger, d’un pays musulman, que l’on veut monter ? Où sont aujourd’hui les Ségurans ? Qui l’a dénoncé hormis nous ? Qui les combattra hormis vous ?!
Comme dans le superbe texte d’Agathe-Sophie Sasserno, je voudrais vous demander et entendre vos voix mais surtout vos cœurs me répondre… Je voudrais vous demander : « Nice ! Quoi ? L’étranger est-il maître aujourd’hui ? »
Non, NON ! Nous voulons rester maîtres chez nous. Nous resterons maîtres chez nous !
Maîtres de notre destin, face à ce que voudra nous imposer la gauche folle désormais au pouvoir à Marseille et Paris ! Maîtres de notre destin aussi, face à Bruxelles et une Union Européenne qui chaque jour trahit un peu plus la civilisation européenne, l’idéal de notre Europe et les peuples européens.
Maîtres de notre ville, face à la clique estrosiste et toute ces magouilles politicardes. Face à ceux qui ont fait le choix de se servir de Nice pour faire carrière à Paris, et pas de servir les Niçois pour les défendre face à Paris ! Face à ceux qui ont fait le choix de composer avec les nouveaux arrivants, de céder, de baisser la tête, et même de collaborer activement avec l’islamisation de notre ville.
Et donc maîtres chez nous, maîtres de notre terre, face à l’immigration massive et incontrôlée. Parce que nous ne voulons pas être, nous ne serons pas, les Indiens du Pays Niçois ! Nous ne voulons pas être remplacés, parqués, nous ne voulons pas finir dans des réserves… minoritaires sur notre terre.
Nous sommes toujours là, fiers, insoumis et rebelles, fidèles à ce que nous sommes. Nous sommes toujours là, plus nombreux aujourd’hui qu’hier, et plus nombreux demain qu’aujourd’hui !
Catherine, pour la 10ème année consécutive, nous avons marché jusqu’à toi pour nous recueillir à tes pieds, pour venir t’implorer de nous redonner courage. De nous grandir de ton exemple quand nous doutons. Quand nous sommes sur le point de renoncer, viens toi nous redonner espoir, remonte sur ce rempart et assomme l’étranger !
Cet hommage à Ségurane, grâce à l’histoire, se déroule au début du mois de septembre. Il est donc chaque année pour nous l’occasion de nous relancer dans la bataille, d’ouvrir une nouvelle saison de lutte. C’est-à-dire parfois de déceptions, mais aussi de victoires.
Je dois avouer que ce soit je ne suis pas mécontent que – notamment grâce à notre action, en ayant mis en lumière ses méfaits – je ne suis pas mécontent de me dire que ce soir, pendant que nous sommes ici, réunis dans l’amitié nissarde, « Pap », le leader – et donc dealer – du groupe de rap Negrescro (celui qui a mis en scène dans son clip ce qui à mes yeux est à minima une provocation, si ce n’est une profanation, en montant sur le toit de l’église St Pierre de l’Ariane pour y accrocher un drapeau algérien) dort en prison. Cacedédi à Pap !
Cette année, nous aurons à préparer – ou plutôt à continuer de préparer, car c’est bien notre ligne d’horizon depuis plusieurs années, notamment dans notre opposition déterminée à la municipalité de Christian Estrosi – les élections municipales de 2014. Car il est aujourd’hui urgent, URGENT, de défendre notre ville, et d’incarner cette opposition y compris au sein du conseil municipal. Et c’est pourquoi, en dépassant autant que cela sera possible les clivages des appareils partisans, nous appelons de nos vœux la constitution d’une plateforme d’union et de rassemblement POUR NICE, pour Nice. D’un véritable Front Niçois face à tous ceux qui veulent faire disparaitre notre ville et son identité.
Pour terminer, je souhaiterais vous lire deux citations, issues de personnalités ne se situant pas franchement dans le même spectre politique – preuve que l’on peut dépasser certains clivages – mais illustrant chacune parfaitement l’action de Catherine Ségurane et celle que nous essayons nous aussi d’incarner, à sa suite et à la suite de tous les grands rebelles niçois.
« A celui qui n’a rien, la Patrie est son seul bien. » Jean Jaurès
« Le désespoir en politique est une sottise absolue. » Charles Maurras
Catherine tes filles et fils ici rassemblés font le serment de donner à Nice un avenir digne de notre passé, digne de nos gloires. Par nos ancêtres, pour nos enfants.
Per Nissa, per l’identità, per la LIBERTA !



heureux et fier que mes enfants decouvre leur culture leur patrimoine, merci!!
ce n’est qu’un début pour eux et un reveille pour moi