Voici le texte du discours prononcé par Philippe Vardon lors du rassemblement célébrant la victoire de Lépante le vendredi 7 octobre 2011.
Nous sommes ici ce soir pour célébrer le 440ème anniversaire de la victoire de Lépante, le 7 octobre 1571.
Victoire de l’Europe coalisée face à l’Envahisseur, victoire d’une Europe dépassant les querelles et égoïsmes « nationaux » pour faire face.
L’historien Bernard Lugan déclarait récemment dans un entretien que l’Histoire de l’Europe avait été faite de ces hommes et femmes qui à un moment clef avaient décidé de dire « Nous ne reculerons plus ». Il est certain que le pape Pie V et le jeune et vaillant Don Juan d’Autriche furent de ceux-là.
Le pape prit conscience de la menace fatale et sut convaincre les princes d’Europe (aux exceptions notables de la France et de l’Angleterre) ; Don Juan eut lui cette formidable force vitale qui le poussa vers la victoire. N’était-il pas de la même maison que ceux qui achevèrent la Reconquista un siècle plus tôt ?
Pie V et Don Juan d’Autriche l’avaient compris bien avant que Charles Maurras ne l’écrive : « Le désespoir en politique est une sottise absolue ».
Nous sommes ici, sur cette place, au croisement des rues Lépante et Provana de Leyni.
La rue de Lépante où j’ai fait mes premiers pas – au sens propre comme au figuré – en politique. Une rue de Lépante dont j’ignorais alors qu’elle était une particularité niçoise. Les Français n’ayant pas participé à la bataille, point d’allées portant ce nom dans d’autres villes. Quant à la rue Provana de Leyni – dont bien entendu le fait qu’on la trouve dans la continuité de la rue de Lépante ne doit rien au hasard – elle demeura longtemps pour moi, et pour nous, une parfaite inconnue.
Ce fils d’une famille noble piémontaise, fut tour à tour soldat intrépide aux côtés d’ Emmanuel-Philibert de Savoie, architecte militaire, pourfendeur des pirates musulmans en Méditerranée, héros de Lépante puis gouverneur de Nice.
Héros de Lépante, car il était à la tête des trois bateaux envoyés par la Savoie lors de cette glorieuse bataille, escortant le navire amiral de Don Juan d’Autriche et donnant l’assaut fatal au bateau du chef ottoman.
Mais évoquons en quelques mots cette bataille…
La fête du rosaire dont la date est fixée le 7 octobre remonte à l’action de grâce reçue par le peuple chrétien à la suite de sa victoire à la bataille de Lépante sur les turcs mahométans.
La Méditerranée est devenue le domaine des forces de Soliman et des pirates barbaresques dont le trafic d’esclaves est l’une des activités dominantes. Le sultan turc enlève la ville de Rhodes aux chevaliers de Saint Jean de Jérusalem et tente vainement d’enlever Malte. C’est dans ces conditions que les Turcs concentrent toutes leurs forces vers l’Ile de Crète et vers Chypre, qui sont à l’époque des colonies vénitiennes.
Conscient du danger que constitue cette gigantesque armada, tant pour l’Europe que pour la Chrétienté, un pape, Pie V, va se dresser pour tenter d’unir les princes européens jusque là divisés par des rivalités et des guerres intestines. Charles IX, roi de France, entretient des relations ambigües avec les turcs en vertu d’accords conclus du temps de François Ier. Cette vision étriquée du roi de France de l’époque montre les limites d’une vision stato-nationale qui ne perçoit pas les enjeux civilisationnels et géopolitiques. Le pape au contraire va faire preuve d’un sens du bien commun européen et percevoir la nécessité d’une unité européenne.
Le pape poursuit sa quête afin d’unifier les chefs européens et rencontre de nombreuses réticences sous des prétextes futiles. Cependant, sa persévérance aura raison de la division des princes d’Europe et il désigne un chef militaire unique pour la conduite des opérations : Don Juan d’Autriche, fils de Charles Quint. Le 11 juillet 1571, le pavillon pontifical est hissé à Saint Pierre et Pie V bénit les combattants : « Allez au nom du Christ combattre son ennemi et vous vaincrez ! ».
Le nonce du Vatican auprès des armées européennes et de la flotte demande que soit respecté un jeûne de trois jours avant l’appareillage. Les galériens sont détachés de leurs bancs pour se confesser et communier. On ne comptera pas moins de 80 000 confessions et communions. Ce sont 200 galères européennes qui vont faire face aux 300 galères turques.
La bataille a lieu le 7 octobre, dans le golfe de Lépante. Don Juan hisse le drapeau du Saint Père. Contre toute attente, les Turcs désemparés par le courage des Européens sont défaits. Plus de 30 000 d’entre eux succomberont, contre 8 000 chez les chrétiens.
La bataille de Lépante va marquer un coup d’arrêt à l’expansion de l’Islam un siècle après la tragique chute de Constantinople qui traumatisa les consciences européennes.
Pourquoi nous devons nous souvenir aujourd’hui ? Parce que dans la longue nuit dans laquelle est plongée notre Europe, Lépante est comme un phare.
Alors que des fous voudraient nous faire croire que la Turquie est une nation européenne, et donc la faire pénétrer dans notre Union. Alors que le maire de notre ville entend favoriser l’islamisation de notre cité en finançant l’islam avec l’argent public, en pliant, en se soumettant même face à la pression des musulmans – notamment à travers l’occupation de nos rues par leurs prières – Christian Estrosi démontre toute sa faiblesse.
Oui, nous nous souvenons. Et comme Don Juan d’Autriche, le pape Pie V ou André Provana de Leyni nous le disons clairement : nous ne reculerons pas.
Face à l’islamisation, nous fiers Niçois et Européens sommes plus que jamais la seule opposition ! Non pas parce que nous sommes le dernier rempart, prêt à céder, mais parce que nous sommes déjà la première ligne de la résistance, de la contre-attaque. Nous sommes ces bateaux en train de s’équiper dans les ports d’Europe pour partir à Lépante !
En 1571, en 2011 : nous ne reculerons pas, non à l’islamisation et la soumission de l’Europe !