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    « 1860=ANNEXION » dans Nice Matin

    13 juin 2010

    Petites précisions: si le défilé était organisé en partie par les identitaires, et largement encadré par nos militants, nous n’étions pas les seuls impliqués dans celui-ci; nous n’avons pas manifesté contre le « rattachement » mais contre la falsification historique et la propagande municipale qui a justement voulu transformer une annexion en rattachement.

    Mais ne boudons pas notre plaisir, cet article est globalement positif et a permis de faire entendre une voix dissonante face aux commémorations officielles, ce qui était bien l’objectif de la manifestation. Et puis voir les Barbets – enfin – présentés comme les résistants et guérilléros niçois qu’ils étaient face à la barbarie des armées révolutionnaires, suffirait presque en soit à légitimer ce rassemblement.

    Loin des aigreurs des uns et des lâchetés des autres, nous avons fait notre devoir et défendu notre mémoire.


    Manifestation « 1860=ANNEXION », les photos

    13 juin 2010

    Voici les premières photos du cortège unitaire ayant regroupé militants identitaires, ultras, acteurs culturels nissarts. Un véritable succès comme ces images en attestent. Loin de la propagande municipale et de la falsification historique, les défenseurs de la mémoire ont su se faire entendre.

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    A Diéu Roubert Paolini-Grinda!

    10 juin 2010

    A cèn que pou siervi

    Que ti digues Nissart

    Se sàbes plus parlà

    La tiéu lenga encuei?

    J’ai appris il y a quelques jours le décès du barde Nissart et Gavot, Roubert Paolini-Grinda. Une nouvelle qui m’a attristé, et m’a forcément amené à me replonger dans ses chansons.

    J’avais eu l’occasion de le rencontrer il y a quelques années sur le stand de Sian d’Aqui lors d’un forum des associations à Acropolis. Un projet de concert à la Maioun, notre maison de quartier, avait même été envisagé.

    Les mots de Roubert Paolini-Grinda ne sont pas pour moi anodins, ils m’ont accompagné et servi de balise. C’est en effet notamment en écoutant ses chansons (certaines exceptionnelles, d’autres moins, mais toujours chantées avec le cœur et servies par de belles formules) que je me suis familiarisé avec les sons, les tournures de phrase, les spécificités de la lenga nouostra. Je suis un peu tributaire de Roubert Paolini-Grinda qui a quelque part été l’un de mes professeurs de nissart, lorsque j’ai redécouvert mon héritage.

    Com’un espèr febrous

    La nouostra vida va feni.

    Anan pauhà la crous,

    Lu nousotre paure souveni.

    Pu de ben pu de mau

    Li aura pu rèn que resterà.

    Tout es finit, chau!

    Bessai quauqu’un si plourerà?

    Pour sûr Roubert, pour sûr, il y en a plus d’un qui pleurera votre départ.

    Avec la mort de Roubert Paolini-Grinda, nous perdons l’un des trop rares artistes « folk » de la musique nissarde. Là où de trop nombreux musiciens attachés à la lenga nouostra et la défense de notre patrimoine se laissent aller à des envolées « festives » et souvent folkloriques, la plume de Paolini-Grinda s’est souvent faite émotion, nostalgie et pourquoi pas revendication. Car si nous avons aimé ses chansons, c’est avant tout pour ses textes.

    Pour paraphraser le groupe Bérurier Noir (paraphrasant lui-même Che Guevara), à vos plumes et vos guitares pour que fleurissent désormais dix, cent, mille chanteurs niçois libres!

    Philippe Vardon


    Nice Matin ne sait pas écrire le nom de notre stade

    20 mars 2010

    Encore un grand moment de journalisme sur le site de Nice Matin…


    Chez tous vos marchands de journaux demain

    17 mars 2010


    Identità : un nouveau journal gratuit pour les Niçois

    9 février 2010

    07/02/2010 – 15h45

    NICE (NOVOPress) : Il est gratuit, il est tiré à 5 000 exemplaires, il est distribué sur les marchés comme celui, ce matin, de Saint-Roch : Identità est un journal gratuit diffusé par Nissa Rebela, le mouvement identitaire niçois dirigé par Philippe Vardon et dont le secrétaire général, Benoît Lœuillet, conduit la Ligue du Sud aux élections régionales dans les Alpes-Maritimes.

    Après le succès du premier numéro diffusé avant la cantonale partielle du 6 septembre 2009 à laquelle Benoît Lœuillet avait obtenu 7,68 % des suffrages, Nissa Rebela a décidé de pérenniser son périodique.

    Sous-titré « Journal de la résistance niçoise », ce numéro 2 explique pourquoi Nissa Rebela participe à la Ligue du Sud conduite par Jacques Bompard aux régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), revient sur le débat qui a opposé en janvier Philippe Vardon et Jean-Marie Le Pen, le président du Front national, sur France 3 Côte d’Azur et s’oppose toujours au projet de Grande Mosquée à Nice, projet d’autant plus superfétatoire… qu’il en existe déjà une !


    Est-ce que la Région méprise les Niçois ? (le Ficanas)

    4 janvier 2010

    En juin dernier, Michel Vauzelle, le président de la région P.A.C.A., a engagé une procédure de changement de nom de la région. Il estimait que cet acronyme était trop long et peu pratique. Alors un collège d’experts c’est réunis et a choisi sept noms possibles, tandis que le bon peuple pouvait s’exprimer sur le site web de la région.

    Il en résulte le choix suivant : Provence, Pays de Provence, Provence-Méditerranée, Alpes-Méditerranée, Alpes-Provence, Provence-Alpes-Méditerranée et, enfin, Provence-Alpes-Côte d’Azur, le nom actuel. C’est « Provence » qui, à ce jour, remporte 28% des réponses.

    La Région envisage un référendum en 2010. On se doute, les électeurs majoritaires étant provençaux, que le nom provence sera présent. D’ors et déjà, l’on voit apparaitre que les mots « Côte d’azur » ont disparus des nouvelles propositions. Mais il y a pire ! Le Comté de Nice qui ne se manifestait pas lors de la dénomination de 1972, n’apparaît pas non plus dans les nouvelles propositions. Pourtant les niçois ne sont pas des provençaux.

    Tandis que les anciennes régions françaises apparaissent pour la plupart dans les noms des actuelles régions, le Comté de Nice est lui interdit de séjour. Tandis que Nice va célébrer son cent cinquantenaire de son annexion par la France en 2010, on va les faire disparaître ne en faisant des provençaux. Décidément la France n’aime pas ces niçois qu’elle a traités d’italien (alors qu’ils ne l’ont jamais été), où elle a interdit pendant longtemps l’enseignement de la langue, et qu’elle a souvent traité comme la dernière roue du carrosse de la république.

    Le 4 juillet 2007, tandis que le monde entier célébrait le bicentenaire de la naissance du « héros des deux-mondes », Joseph Garibaldi, apôtre de la république, député et général français, libérateur du Rio Grande do Sul et de l’Uruguay, et niçois de surcroit, la France brillait par son absence. Pas de Michel Vauzelle, au nom de la Région, pas de Christian Estrosi, au nom du département, pas de Préfet au nom de l’Etat.

    Ne nous étonnons pas de savoir que quand les niçois parlent des étrangers, ils incluent les Français dans le lot…

    Christian Gallo

    [Le Ficanas]


    Sant e bouòn calèna a toui !

    26 décembre 2009


    Noël dans le comté de Nice

    22 décembre 2009

    Noël (en niçois calèna) donne lieu à plusieurs traditions dans le Comté de Nice. Le mot calèna vient du latin calenda et rappelle le souvenir des fêtes païennes liées au solstice d’hiver. Les calendes constituaient dans le calendrier romain le premier jour du mois. Or, le 25 décembre correspondait alors au premier jour de ce même mois, d’où l’appellation. La racine lexicale issue de la Nativité a pourtant aussi donné un vocable niçois. Il s’agit du mot nouvé, qui désigne les chants religieux célébrant la Nativité.

    La première tradition du cycle de noël est la plantation le 4 décembre de lentilles ou de blé. Ces lentilles ou ce blé germeront et la densité de la germination sera l’indice de la prospérité à venir de la famille.

    Lou Presèpi se trouve sur la place Rossetti jusquau 28 décembre

    Lou Presèpi se trouve sur la place Rossetti jusqu'au 28 décembre

    Le presèpi ( « la crêche » en niçois) a 2 formes : une forme traditionnelle importée de Provence, avec ses santons disposés sur un meuble dans la maison, et une représentation théâtrale de la Nativité qui, au 19ème siècle, se faisait avec des marionnettes et qui, au 20ème siècle, a donné lieu à des adaptations jouées par des acteurs (Lou Presèpi nissart, de Menica Rondelly, Lou Nouve, de Marengo et Mossa, Calena et la Marche à la crêche, de Francis Gag).

    Les traditions culinaires reposent sur Lou gros soupa, qui est le repas du réveillon, composé en particulier de raviolis maigres (sans viande dans la farce), de morue à l’aigre douce et des 13 desserts.
    Le lendemain à Midi, s’ajoute aux restes de ce repas la charcuterie (boudins, trulles, fromage de tête) « produite » par le cochon tué quelques jours avant.

    Enfin, différents actes symboliques parsèment ces 2 jours. Lou cacha fuec (qui désigne aussi le réveillon par extension) consiste à éteindre le feu de la cheminée et à le raviver par une buche neuve déposée par le plus âgé et le plus jeune de la famille. De même, rappelant la Trinité, la table doit être couverte de 3 nappes, et les lentilles disposées dans 3 assiettes. Et n’oublions pas, avant de partir pour la messe de minuit, de relever les coins des nappes pour éviter que le diable s’y accroche et vienne dévorer le repas.

    Pour plus d’informations sur la tradition de Calèna.

    [JOUINESSA]


    « Débat » sur l’Identité nationale

    18 décembre 2009

    Hier, se déroulait au MAMAC l’étape niçoise du « débat » sur l’identité nationale lancé par le gouvernement.

    Nous nous y sommes rendus pour diffuser un tract « Pas d’identité nationale sans identité-s locale-s » réagissant notamment aux attaques d’Eric Besson contre les langues (et donc les cultures) régionales et – éventuellement – participer aux discussions. Le choix ne nous en a finalement pas été laissé puisque nous nous sommes retrouvés bloqués à l’entrée, une dizaine de policiers assurant un filtrage efficace…

    Un nouvel épisode de la liberté d’expression telle qu’on la conçoit désormais à Nice certainement. Le dispositif de sécurité déployé hier, avec près d’une centaine de policiers pour une salle de 250 personnes (Police Municipale, CDI, BAC, CRS…), était totalement délirant et déplacé. Signe de la fébrilité du pouvoir en place.


    L’autra jouinessa !

    14 décembre 2009

    Manifesta per un’ autra jouinessa

    Sian aquela jouinessa que encuèi fà una chausida: aquela de si drissà e d’estre en proumiera linea.

    Sian aquela jouinessa que chause li Termopila pu prest que l’aflatada e la renonça.

    Sian aquela jouinessa dei camp d’estiéu, dei loungui ascencioun en mountagna, de li art marciau e dei còu ben encaissat. La jouinessa de l’esfouòrs, dòu sudò e de l’escoumpassa de siéu.

    Sian aquela jouinessa de la courtura alternativa e enrasigada. Aquela dei groupe de rock embé « boumbarda » e coulamuha, de la mùsica eletrounica o endustriala ai ritournella escandadi en latin, d’un meme tems la jouinessa dei mosh e dei farandòla.

    Sian aquela jouinessa que refuda lou suichidi couma escapatori persounal, coum’ avenì d’una generacioun, coum’ ourizount de la nouòstra civillisacioun.

    Sian aquela jouinessa que plaça la spiritualità e la fet dessoubre dòu materialisme. Aquela jouinessa que plaça lou sacrifici dessoubre de la reussida persounala, que preferisse la dimensioun eròica de la vida à la perfourmança econòmica.

    Sian aquela jouinessa que refuda touti li droga, mouòli o duri, chimiqui o naturalli. Voulèn afrountà en plena counsciença lu desfida d’aquesta souchietà e regarjà lou nouòstre destin drech dins lu uès.

    Sian aquela jouinessa que chause la vìa de la coumunità e ben dechidada à fourgià ensèn l’avenì de la nouòstra pàtria.

    Sian aquela jouinessa que vòu redounnà dignità à la poulìtica e intervenì sus toui lu camp d’acioun emb’ una idea pròpi: l’avenì noun si farà sensa nautre.

    Sian l’autra jouinessa. Sian couma tu, devenes couma nautre !


    Nux Vomica, groupe apolitique… et socialiste

    18 septembre 2009

    Voici le témoignage que l’on pouvait trouver sur un tract de soutien au candidat socialiste dans le 6ème canton:

    Après Louis Pastorelli participant à la liste socialiste « Changer d’ère » lors des dernières élections municipales, voici à nouveau un membre de Nux Vomica démontrant que l’apolitisme revendiqué par le groupe n’est qu’une façade. Un apolitisme toujours mis en avant pour reprocher à d’autres (non, en fait surtout aux identitaires!) de « récupérer’ l’identité niçoise.

    Nous, nous ne reprocherons jamais à un groupe d’être de droite, de gauche ou d’ailleurs. Nous avons au contraire le respect de l’engagement militant, fut-il dans un camp opposé. Plutôt de vrais adversaires que de faux amis… Nous pensons que la politique est noble et qu’elle est présente partout dans notre vie. Il n’y a pas de honte à avoir des idées (ou mieux: un idéal) et les défendre. Il n’y a pas de honte à essayer de mettre sa vie, ses actes et pourquoi pas son art, en accord avec ses convictions.

    Ce que nous acceptons beaucoup moins, ce sont les procès d’intention qui nous sont faits depuis maintenant des années par les Pastorelli et compagnie. A notre manière, selon notre vision et nos méthodes, nous participons à la transmission de l’identité niçoise. Je n’ai pas de peine à reconnaître que Nux (malgré tous les reproches musico-idéologiques que je pourrais faire à ce groupe) a aussi apporté sa pierre à l’édifice d’un renouveau. D’ailleurs pas forcément dans le sens où ils l’auraient souhaité, de nombreux jeunes n’ayant pas de complexe à écouter quelques morceaux de Nux Vomica pendant qu’ils collent nos affiches! Mais que les Pastorelli, Calassi et autres veuillent bien reconnaître en retour que nous aussi, nous allumons la flamme dans le coeur de milliers de jeunes niçois tout comme ceux qui viennent éclairer de la lueur des torches l’hommage de notre belle jeunesse à Catarina Segurana.

    Oui nous sommes un mouvement politique. Mais un mouvement politique nissart! Enraciné, localiste, identitaire en somme. Nous pensons que la défense de notre identité niçoise passe par un combat global contre l’uniformisation mondialisée. Nous pensons que la défense de notre identité niçoise ne peut se limiter à une vague action culturelle (aussi importante celle-ci soit-elle) sans objectif et stratégie.

    Et puisque Louis Pastorelli nous reproche de nous emparer du fanion de l’identité niçoise sur le terrain politique, qu’il demande donc à ses amis socialistes du conseil municipal de relancer la question de l’initiation à la lenga nouostra dans les écoles primaires! Puisque TOUS les élus siégeant actuellement à la mairie s’étaient déclarés favorables à cette proposition que nous avions été les premiers à avancer. Que les conseillers municipaux socialistes – ceux de la liste où figurait le chanteur de Nux – nous prouvent qu’il ne s’agissait pas de parlote électorale, et nous montrerons alors que nous, nous ne sommes pas sectaires.

    Philippe Vardon


    Succès pour la Journada Nissarda

    3 septembre 2009

    La Journada Nissarda du dimanche 30 août a réuni 120 personnes dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Ce rendez-vous a été l’occasion pour de très nombreux sympathisants d’opérer un premier contact avec les Identitaires. Ainsi, plusieurs adhésions, dons ou abonnements à Identità ont été recueillis pendant cette journée.

    Après la Place Arson et le Parc des Arènes de Cimiez, quel sera le prochain espace à accueillir une Journada dédiée à notre identité?



    Dimanche 30 août – JOURNADA NISSARDA dans les Arènes de Cimiez

    27 août 2009

    [Communiqué du 27 août 2009]

    Le dimanche 30 aout, les Identitaires organisent à partir de 13 heures une grande Journada Nissarda dans le parc des Arènes de Cimiez.

    Ce rendez-vous familial – entre action politique et culturelle – sera l’occasion de rencontrer votre candidat Benoît LŒUILLET et les autres responsables de NISSA REBELA.

    Au programme : tournoi de pilou, pétanque, stands (livres, tee-shirts, musique, nourriture) interventions de Benoît LŒUILLET et Philippe VARDON, balèti animé par Dédé TRUQUI (fondateur de Sian de Nissa, ancien conseiller municipal et ancien responsable de la délégation Tradicioun e Patrimoni de la mairie de Nice), musique house et électro en fin de journée avec trois DJs reconnus de la scène électronique locale.


    Sarkozy, Hortefeux, Besson: Immigration – le trio maléfique

    21 juillet 2009

    Avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée et Brice Hortefeux, son fidèle d’entre les fidèles, au ministère de l’Intérieur, après avoir été en charge de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, poste auquel le très sarkozyste Eric Besson, dont on dit en haut lieu qu’il se droitise, lui a succédé, l’éradication de l’immigration clandestine ne devrait être qu’une formalité. Or c’est de pire en pire.

    Lundi 20 juillet, une journée comme une autre au rythme des dépêches d’agences de presse. La première, émise par Reuters, nous apprend que les « sans papiers » virés fin juin des locaux qu’ils occupaient depuis plus d’un an à la Bourse du Travail de Paris par des gros bras de la CGT viennent de trouver un nouveau gîte : un local de 4 800 mètres carrés dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Ils n’ont donc pas été expulsés du territoire ? Pas placés dans un centre de rétention en attendant qu’un jugement permette de les « éloigner du territoire » ? Et bien non ! Non seulement ils sont toujours là, mais comme, quelques jours plus tôt, s’étant installés, à trois cents et quelques, sur un trottoir du boulevard du Temple, ils avaient eu droit à des remontrances des autorités, ils avaient passé un accord avec la préfecture ! D’accord pour partir, mais à une condition, celle d’être vite « régularisés », demandaient-ils même pas poliment. Trop brutal pour la préfecture, qui avait promis… la même chose, mais énoncé différemment : tous leurs dossiers seraient examinés « avec bienveillance ». « Ça ne veut rien dire », a répondu Sissoko Anzoumane, « animateur de la Coordination des sans-papiers 75 », porte-parole donc de tous ces délinquants, dont on ne comprend pas pourquoi il n’est pas en prison plutôt que d’aller squatter un immeuble de la Caisse primaire d’assurance maladie, qui est pourtant on ne peut plus généreuse avec les clandestins, soignés gratuitement, eux, c’est-à-dire à nos frais, en vertu de l’Aide médicale d’Etat, toujours pas abrogée.

    Immigré illégal, ce n’est plus un délit

    Deuxième dépêche, émise par Reuters cette fois, quelques heures plus tard. Le tribunal de grande instance de Bobigny, saisi par la préfecture, refuse de prononcer l’expulsion d’un camp de Roms installé à Saint-Ouen à l’initiative de Médecins du monde. Les Roms avaient été placés là, sur un terrain appartenant à l’Etat, après qu’un incendie avait ravagé un hangar où ils avaient trouvé asile. Un hangar pas à eux, évidemment. Mais pour le juge, pas question de les sommer de partir tant qu’une « solution pérenne » n’a pas été trouvée pour leur logis ! Le 10 juillet pourtant, le préfet de Seine-Saint-Denis avait annoncé avoir trouvé cette solution « pérenne » : la construction de « villages d’insertion » pour les papas roms, les mamans roms et les enfants roms, avec « mise en place d’un tableau de suivi permettant d’actualiser leur situation ». Il s’agirait pas non plus de les loger sans s’assurer qu’ils ont tout ce qu’il faut. La boulangerie n’est pas trop loin pour le croissant du matin ?

    On se souvient qu’en avril, à moins de deux mois des élections européennes, une vaste opération de police avait été menée à Calais, peu avant la venue sur place d’Eric Besson. Cent cinquante clandestins, rebaptisés « migrants », avaient été interpellés, pour la plupart dans ce qu’on appelle maintenant « la jungle ». Essentiellement des Afghans. Des braves types, nous explique-t-on, qui viennent chez nous parce que chez eux, ce n’est pas vivable n’est-ce pas, il y a la guerre. Merci, on sait. C’est là-bas que nos soldats vont se faire tuer pour eux ! C’est là-bas que l’été dernier, au cours d’une seule embuscade, dix de nos enfants sont morts ! Et eux, ils ne peuvent pas y vivre ? Ils ne peuvent pas s’y battre ? Ben non, la guerre, ça peut blesser, on peut même en mourir, et ce n’est pas bon pour l’hygiène, alors on est mieux en France. Sur ces cent cinquante interpellés, la France en a relâché… cent cinquante. Même les neuf placés en garde à vue – les autres, on a juste dû leur dire d’aller un peu plus loin – ont été libérés. Pas de charges contre eux ! On cherchait des passeurs. Ils n’en étaient pas. Que des délinquants très ordinaires. « Aucun chef d’inculpation n’a pu être retenu contre eux » a dit le procureur. Alors retour à la « jungle »…

    L’UE veut répartir les migrants en Europe

    Le 9 juillet, ce sont 92 Africains qui ont été accueillis en France, envoyés pour moitié à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, d’autres vers… Poitiers. Des « migrants » pas comme les autres. Ceux-là, Eric Besson est allé les accueillir à l’aéroport ! Il était même allé à Malte, quelques semaines plus tôt, pour les voir. Des Erythréens, des Somaliens, des Soudanais, dont il s’est assuré qu’ils parlaient à peu près… anglais ! Un critère pour leur intégration à venir… Il voulait être sûr aussi qu’ils avaient de la famille en France. Ils en avaient. Mais ce ne sont pas leurs familles qui les prendront en charge. Ce sera la France. « A ceux que l’oppression a chassés de leur pays, la France mettra à disposition tout l’accompagnement nécessaire à leur intégration », leur a promis Besson. En anglais… Pendant six mois, ils vont être hébergés aux frais de la Ddass. Aux nôtres donc. En tant que réfugiés politiques, ils auront droit au revenu de solidarité active, à la couverture maladie universelle, aux allocations familiales. Ceux qui ne parlent pas français – tous ! – auront droit à une formation et des « travailleurs sociaux » les « accompagneront » le temps qu’il faudra…

    Les immigrés en provenance de Malte sont le fruit d’un nouveau dispositif européen, dont il n’a bien sûr pas été question durant la campagne des européennes. Certains pays ont trop d’immigrés sur leur sol. Pas en soi, par rapport à d’autres pays ! Donc ? Donc on va faire jouer le principe des vases communicants. A Malte, il y a autant de nouveaux migrants chaque année que de naissances. C’est trop. En France, il y en aurait plutôt plus que de bébés direz-vous. Certes, mais la France est plus grande. Il y a plus de place pour les accueillir. C’est ce que la Commission européenne appelle la « répartition interne des réfugiés ». Il faut soulager la Grèce, l’Italie, Malte, Chypre. Et la France ? Sur 550 000 kilomètres carrés, elle a de quoi être généreuse. Par exemple avec les 10 000 réfugiés irakiens que l’Union européenne veut bien accueillir et qu’il va bien falloir mettre quelque part. Ceux-là aussi fuient un pays, leur pays, où d’autres vont se faire tuer à leur place…

    Eric Besson, ministre de l’Identité nationale ? La bonne blague ! Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur ? La rigolade ! Et Nicolas Sarkozy, dans tout ça ? Ben il a été élu, non ? La substitution de population, ça ne fait pas partie des crimes passibles de la Haute Cour pour haute trahison. Alors reprise de la thématique identitaire fin 2011, début 2012.

    Lionel Humbert